Actualités

L’éclectisme, source de créativité

23/04/2012
Pour stimuler la créativité d’un groupe on peut favoriser la diversité des participants, chacun apportant son expérience, ses points de vue, ses émotions, son imaginaire. Surtout ne pas convier de clones mais plutôt des personnes vraiment différentes. En entreprise, on peut choisir des personnes qui n’ont rien à voir avec le sujet, des « naïfs » qui poseront des questions incongrues, éclaireront les angles morts, osant dire que le « roi est nu ». Cette pratique n’est pas récente. Elle rappelle l’éclectisme des grands savants des temps anciens. Par exemple, Maïmonide au 12ième siècle ; philosophe, médecin, astrologue ou Léonard de Vinci au 16ième siècle ; peintre, sculpteur, architecte, ingénieur, anatomiste et mathématicien. En 2004, un être multiculturel, Frans Johansson, fit sensation aux Etats-Unis avec un livre « The Medici Effect » (Harvard Business School Press). Sa thèse : inspirons-nous des Médicis qui rassemblèrent à leur cour des savants et des artistes de toutes les disciplines pour développer l’art et la culture. A leur exemple, cherchons les « intersections » entre les domaines, cassons les frontières et stimulons les rencontres improbables. Actuellement, les études des urbanistes, des économistes et des sociologues sur les villes montrent que celles qui offrent une bonne diversité sont plus créatives en matière sociale et artistique. Il y a quelques siècles, tout le savoir de l’époque pouvait être détenu par une seule personne. Quelles seraient aujourd’hui des pistes pratiques pour rappeler cet éclectisme dans les recherches créatives et l’innovation ? Une première piste est la diversité des personnes dans un groupe humain : le facilitateur tente de reconstituer le savoir de « l’honnête homme » en favorisant les échanges entre des personnes de contextes variés en termes de métier, de culture, de génération, etc. On allie la richesse de la spécialisation à celle de la diversité. Une autre piste, l’Open Innovation. Elle consiste à inclure dans le processus créatif les acteurs de l’écosystème de l’entreprise. Ce sont les partenaires, les clients, les consommateurs, les fournisseurs, etc. Autre piste encore, celle proposée par Altschuller avec la méthode TRIZ. On puise dans l’ensemble du savoir scientifique et technique humain regroupé dans la masse énorme des brevets déposés pour en analyser et identifier les clés de résolution des « contradictions » qui sont les nœuds des problèmes en attente de solution. Pour avoir pratiqué ces trois pistes, nous pouvons affirmer que plus le domaine exploré est vaste plus les découvertes sont fructueuses.

Les typologies culturelles

15/04/2012
Peut-on éviter les stéréotypes à propos de caractéristiques culturelles ? Lorsqu’on travaille dans un contexte multiculturel pour bâtir des équipes qui doivent innover ensemble, comment aller plus loin que « les Chinois sont comme ci, les Américains sont comme ça… » ? Les recherches fondamentales de Geert Hofstede, Edward T. Hall et Fons Trompenaars, précurseurs dans le domaine, ont donné des clés essentielles pour comprendre la composante culturelle de l’expérience humaine, la « dimension cachée », sous forme de typologies. Ces clés ont souvent abouti à des généralisations car elles n’aident qu’à débroussailler un terrain très complexe. Dès qu’on est en contact avec les individus, on voit vite les limites des typologies à l’échelle mondiale ! Les individus ne ressemblent pas tout à fait à ce qu’on avait imaginé et les erreurs s’enchaînent, parfois douloureuses. La réunion est fichue, le contrat n’est pas signé, le projet s’arrête avec pertes et fracas. Une nouvelle pratique consiste à s’appuyer sur les composantes des typologies et à demander à chacun de se positionner et d’échanger sur ses « penchants culturels » (sens du temps, de l’espace, de la prise de parole, etc.). Ce type de partage est riche en nuances et permet de poser de bonnes bases pour une collaboration bâtie sur la compréhension et l’accueil de la diversité. La typologie sert alors de référence commune à partir de laquelle on s’exprime pour esquisser des portraits nuancés. Par exemple, dans un groupe, le coach/facilitateur culturel propose des polarités illustrant divers aspects du sens du temps, de l’espace, de la prise de parole, de la prise de décision, etc. Polarité bien concrète repérée par Hall, proche d’un concept jungien et universelle, celle du « temps monochronique » - une chose à la fois, dans l’ordre – et « polychronique » – plusieurs choses en même temps. Vers quel pôle chacun se situe, au travail et ailleurs ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque pôle ? Que se passe-t-il s’il y a excès ou déficit d’un pôle ? Le collectif, l’entreprise ou autre organisation, favorise-t-il un pôle ? Quelles synergies peut-on mettre en place, en connaissance de cause ? Evidement, une polarité isolée des autres donne une image trop simple et prête à la caricature : « ah, je comprends, tu as été trop polychronique pour arriver à l’heure ! » ou « tu es si monochronique que tu ne dis pas bonjour ! ». Mais si plusieurs polarités sont travaillées ensemble, l’on se rend mieux compte de la richesse des expériences et des complémentarités possibles. Après, c’est une question de pratique. Nous avons été mandatés pour auditer les réunions de travail au sein d’une entreprise présente sur divers continents. A priori, ces réunions se passaient de manières extrêmement différentes, avec des résultats très contrastés. Les « transplantés » vivaient mal les situations rencontrées hors de leur contexte habituel. En travaillant avec les protagonistes, nous avons identifié quelques clés de succès qui peuvent s’appliquer de manière universelle, tout en accueillant les spécificités individuelles. Les ingrédients du succès étant générés par les personnes, leur mise en place peut aboutir concrètement : bel exemple de coopération qui tient compte de la diversité.

Favoriser la créativité en entreprise

13/04/2012
Vendredi 4 mai 2012, la troisième Journée Didactique du programme « Favoriser la créativité en entreprise » au Conservatoire National des Arts et Métiers, sera dédiée à un panorama des méthodes. Matinée sur TRIZ, après-midi sur méthodes et techniques comparées. Les auditeurs libres sont bienvenus dans la limite des places disponibles. Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter Olwen Wolfe.

Conseil CPS n°9 : travailler les idées

22/03/2012
Le dernier principe pour développer sa créativité au quotidien et non des moindres, est d’avoir à l’esprit que si vous avez réfléchi à votre question (cf. principe n°4), si vous avez fait une liste d’idées (cf. principe n°5), si vous avez choisi une ou plusieurs idées (cf. principe n°7), vous n’en avez pas fini ! Une idée, ça se travaille, ça se développe (ce sont les étapes d’élaboration des solutions, de travail de l’adhésion, de développement de plans d’action du CPS). Vous pouvez donc continuer à utiliser tous les principes précédents pour améliorer votre ou vos pistes d’idées. Ce principe signifie aussi qu’il est important d’avoir en tête qu’une idée folle peut toujours être « sauvée », être re travaillée pour être plus réalisable, tout en gardant l’intérêt et l’originalité de son origine. Vous pouvez donc oser choisir des idées pas immédiatement faciles à mettre en œuvre, pour peu qu’elles répondent de manière ambitieuse et originale à votre question. Il est souvent plus facile de rendre réalisable une idée folle que d’apporter à une idée évidente le petit grain de folie qui fait la différence.

Conseil CPS n°8 : faire des pauses

15/03/2012
On le sait, le processus créatif comporte plusieurs grandes phases, dont l’incubation et l’illumination. Pour que l’incubation se fasse (c’est à dire que le sujet sur lequel vous vous penchez « infuse » dans votre cerveau), les pauses sont nécessaires. Pendant les pauses, votre cerveau continue son travail, mais à un niveau plus inconscient pour ainsi dire. Si vous êtes véritablement concerné par votre questionnement, si vous l’avez bien en tête, vous pouvez vous reposer et laisser votre cerveau continuer son travail. L’incubation (un peu comme une pâte qui repose) sera fera alors, et l’illumination (le fameux Eurêka) pourra se produire. C’est également pour cela qu’il est intéressant de faire ses pauses hors de son contexte habituel : allez faire un tour dans la rue, promenez-vous dans les couloirs, regardez par la fenêtre, écoutez de la musique, feuilletez une revue pleine d’images, discutez avec un collègue ou un ami de choses et d’autres… laissez toutes ces sollicitations extérieures venir vous inspirer pour votre sujet. Pendant ces pauses, il y a de fortes chances pour que votre cerveau capte à un moment un élément, fasse le lien avec votre sujet de préoccupation et vous apporte une idée : mieux vaut avoir son cahier d’idées à portée de main !!!

Conseil CPS n°7 : choisir avec des critères

8/03/2012
Le corollaire de la longue liste, c’est le choix avec des critères (ou la divergence). Au quotidien, on choisit souvent en fonction de son style de prise de décision : soit en fonction de ses valeurs et de ses émotions, soit en fonction d’un raisonnement logique. On pourrait dire aussi que l’on prend ses décisions « en cerveau gauche » ou « en cerveau droit ». Un des principes fondateurs du CPS, est de mettre en évidence ces différents types de critères et de les utiliser ensemble. Vous pouvez avoir une petite liste de critères génériques utilisables un peu dans n’importe quelle situation : coup de cœur, motivant, faisable dans le temps imparti, dans le budget, efficace, original… Et toujours penser à avoir au moins un critère plus émotionnel/subjectif et un critère plus logique/objectif. Vous pouvez aussi effectuer votre choix après avoir fait une petit liste de critères pour votre sujet, et choisir le ou les deux critères « subjectifs » les plus importants, de même pour le ou les critères « objectifs ».

Conseil CPS n°6 : avoir un cahier pour tout noter

1/03/2012
Noter les idées, les questions, les informations, les émotions, les améliorations, les actions… bref, un réceptacle à grande liste, à portée de main. Car les idées et leurs consœurs jaillissent n’importe où, n’importe quand, et comme les rêves, il est bon de les capturer, sans quoi elles risquent de s’envoler et de disparaître. Léonard de Vinci, Virginia Woolf, Thomas Edison, de nombreux grands personnages reconnus comme particulièrement novateurs et créatifs utilisaient ce « simple » outil. Merveilleux car il vous permet de ne pas perdre vos idées, mais également de vider de votre cerveau, pour laisser place à d’autres.

Conseil CPS n°5 : faire des graaaaaaaaandes listes

23/02/2012
Un des éléments de l’ADN du Creative Problem Solving, c’est de diverger, de faire de grandes listes. De grandes listes d’idées, bien sûr, mais aussi de grandes listes d’informations, de grandes listes de questions possibles, de grandes listes de pistes d’amélioration, etc. Appliquer ce principe, c’est chercher la quantité, se dire qu’il est toujours intéressant de ne pas s’arrêter aux premiers éléments qui viennent, aux premières évidences, mais de chercher à explorer, ouvrir, enrichir. C’est ce que les théoriciens de la créativité appellent la fluidité. Et on peut s’y exercer, s’entraîner (car comme toute pratique, on peut s’améliorer petit à petit, quelque soit notre point de départ). Il suffit pour cela de prendre une feuille de papier et un stylo et d’écrire tout ce qui vous passe par la tête, sans jugement, sans sélection, sans a priori. Rien qu’avec votre cerveau, et les éléments qui vous entourent comme source d’inspiration, vous pouvez allonger encore et encore votre liste.

Conseil CPS n°4 : la question magique « Comment faire pour ?… »

16/02/2012
Un autre principe, assez simple quand on y pense mais à l’impact presque magique, est la transformation en « comment faire pour… ? » des problèmes, obstacles, opportunités, désirs, rêves, envies… Passer par exemple de « avec la crise, tout le monde va y perdre » à « comment faire pour être de ceux qui sortiront du lot ? » ou encore de « je rêve de partir en famille loin cet été » à « comment faire pour vivre un moment fort et différent ensemble cet été ? » D’où viennent la magie et la force de cette formulation ? De deux sources. D’une part, l’esprit humain est ainsi fait que si on lui pose une question, il se met en marche pour chercher des réponses. Traduire une affirmation en question vous mettra d’emblée à la recherche de solutions, presque malgré vous ! D’autre part, changer le « je voudrais », plutôt passif en « comment faire » actif, vous permettra encore une fois de changer de posture, de regard, d’attitude et vous fera entrer de plain pied dans un monde de possibilités et de solutions à trouver et à mettre en œuvre…

Conseil CPS n°3 : utiliser le CPS comme une check list

9/02/2012
Sans utiliser forcément toutes les techniques et toute la machinerie que l’on peut imaginer derrière une session CPS, vous pouvez utiliser tout simplement le CPS comme une sorte de garde-fou, de check list pour ne pas oublier les étapes majeures à suivre quand vous avez à trouver des solutions. En particulier, en ayant en tête votre profil FourSight, CPS peut devenir une sorte d’ange gardien qui vous évite d’« oublier » ou de traiter à la légère les étapes qui vous plaisent le moins. Etes-vous un idéateur? N’oubliez pas qu’il peut être bon parfois de prendre le temps de clarifier votre objectif avant d’avoir des idées par milliers ! Etes-vous réalisateur ? N’oubliez pas qu’il peut être bon de développer une idée et de la peaufiner avant de la mettre en œuvre ! Etes-vous clarificateur ? N’oubliez pas que si chercher des informations et se demander quelle est la bonne question est crucial, il est aussi important de passer aux étapes suivantes ! En bref, une fois que vous vous êtes dit « pourquoi pas ? », demandez-vous : -       ai-je exploré le sujet de ma recherche ? ai-je cherché les différents axes de réflexion ?  - check one -       ai-je cherché plusieurs (voire beaucoup) possibilités, idées, pistes de réponses ? - check two -       ai-je pris le temps d’affiner mes idées pour en faire des solutions à la fois réalisables et toujours originales ? - check three -       ai-je pensé à mettre en œuvre ma ou mes solutions ? - check four La check list peut s’enrichir bien sûr en suivant les 8 étapes à l’intérieur des grandes méta-étapes que nous venons de citer…
  • Rechercher

  • Inspirations

  • Notre newsletter

    Vous pouvez vous abonner à J'innove, la newsletter trimestrielle de Worlding, en cliquant ici.

    Voici les archives des dernières newsletters :